Le trouble bipolaire
Par Le Traversier
jeudi 27 avril 2006 à 15:20, dans Les Maladies Mentales
Les troubles bipolaires souvent qualifiés de maniaco-dépression consistent en des troubles de l'humeur. Chez la personne atteinte, les variations de l'humeur atteignent des seuils hors de proportion avec les événements vécus. Ces troubles se manifestent par l'alternance de deux pôles extrêmes de l'humeur, soit la phase dépressive et la phase maniaque caractérisée par une activité intense, une humeur exubérante et un grand état d'excitation et de fébrilité incontrôlable. La pensée de l'individu s'accélère et il parle très rapidement, sans arrêt, et en changeant constamment de sujet. Il surestime aussi ses capacités, augmente sa productivité et son rendement, et entreprend plusieurs projets à la fois. Il dépense sans compter et oublie même de dormir et de manger. Des excès de colère et des sautes d'humeur sont fréquents durant la phase maniaque de cette maladie.
Les symptômes
Les symptômes de trouble bipolaire sont rattachés à des phases qui déterminent pour chaque personne atteinte son propre « cycle ». Habituellement, une phase maniaque, une phase dépressive, et une phase « normale » ou euthymique composent ce cycle, mais quelques fois une phase mixte s'intercale dans le processus.
Quelques exemples marqués de la phase maniaque :
- Humeur : expansive, euphorique, enthousiasme permanent...
- Augmentation de l’estime de soi : confiance en soi-même, idées de grandeur.
- Réduction du besoin de sommeil : réveil prématuré, hausse de l’énergie malgré la diminution du sommeil.
- Expression verbale : pressante, difficile à interrompe, discours blagueur, fait des jeux de mots...
- Hyperactivité orienté vers un but : projet excessifs, engagement dans de multiples activités, augmentation des désirs, des fantasmes, des comportements sexuels...
- Autres caractéristiques : refus de traitement, changement fréquent d’habillement, du maquillage ou de l’apparence physique.
Quelques exemples marqués de la phase dépressive :
- Humeur : triste, déprimé sans espoir et sans courage.
- Perte d’intérêt ou de plaisir : diminution de l’intérêt ou une perte de plaisir pour les activités autrefois appréciées
- Changement de l’appétit ou du poids : diminution ou augmentation du poids.
- Changement du sommeil : insomnie.
- Perte d’énergie : lassitude, fatigue continue sans effort physique.
- Dévalorisation et culpabilité : évaluation négative du concept de soi, rumination des erreurs passés mineures.
- Pensées de mort récurrentes : idées de mort, idées suicidaires, tentatives de suicide, démission devant les obstacles insurmontables.
- Autres caractéristiques : tendance à pleurer, à broyer du noir, anxiété, phobies, préoccupations excessives de son état de santé, difficultés relationnelles d’ordre conjugale, professionnel et/ou sexuel, abus d’alcool ou autres substances. La phase « normale » ou euthymique est présente quand le fonctionnement d’une personne est relativement adéquat et qu’elle conserve une stabilité dans son humeur.
Les causes
Les chercheurs statuent qu'il est de plus en plus évident que le trouble bipolaire n'est pas acquis au cours d'expériences vécues, mais bien transmis génétiquement, ce qui explique l'incidence plus élevée de la maladie au sein d'une même famille. Alors que la maladie touche trois à quatre personnes sur 10 000 dans la population en général, l'incidence augmente à 15 % dans une même famille.
L'accumulation de stress reliée à des problèmes existentiels peut déclencher un épisode dépressif aussi bien que la manie. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur : la manie étant plus fréquente en été et à l'automne et la dépression pendant l'hiver.
Le traitement
Le traitement de base du trouble bipolaire est le lithium, un sel minéral qui a la propriété de stabiliser l'humeur rapidement. Ce médicament est efficace chez environ 80 % des personnes qui souffrent de cette maladie.
Le médecin peut également prescrire certains autres traitements pour augmenter les effets du lithium ou le remplacer, en cas d'intolérance. On pense, entre autres, au carbamazépine (Tégrétol), à l'acide valproïque (Épival, Depakene), au clonazepam (Rivotril), aux antipsychotiques (Haldol, Largactil), aux extraits thyroïdiens et à la photothérapie.
Des essais se poursuivent avec le tryptophane, un acide aminé, qui permettrait de diminuer la dose totale de lithium et de réduire les risques associés aux doses élevées.
Combinée au traitement biologique, la psychothérapie permet à la personne atteinte d'entreprendre une démarche sur le plan psychologique.
Pendant la crise, le psychothérapeute utilise une approche comportementale qui permettra de limiter les agissements inappropriés chez la personne atteinte :
- En lui offrant du soutien et des renseignements ;
- en organisant des rencontres avec sa famille ;
- en l'impliquant dans le processus d'acceptation de sa maladie.
Après la période de crise, la personne atteinte du trouble bipolaire peut entreprendre les démarches suivantes :
- Entreprendre une thérapie plus en profondeur ;
- commencer une démarche thérapeutique qui implique les proches ;
- participer, avec ou sans ses proches, à des groupes de soutien et d'entraide.
Autres données
- 1,2 % des hommes et 1,8 % des femmes souffrent de trouble bipolaire.
- 100 000 Québécois souffrent de trouble bipolaire et seulement 10 % d'entre eux ont reçu un diagnostic et suivent un traitement.
- La maladie apparaît habituellement au début de la vingtaine, cependant, un premier épisode peut survenir à l'adolescence ou à un âge avancé (dans la vieillesse).
- Certains chercheurs considèrent certains troubles tels que l'hyperactivité, l'anorexie, la boulimie, l'alcoolisme et les toxicomanies, et certaines phobies comme des manifestations précoces d'un trouble bipolaire.






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