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INVITATION

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Le Traversier

Le trouble bipolaire

Les troubles bipolaires souvent qualifiés de maniaco-dépression consistent en des troubles de l'humeur. Chez la personne atteinte, les variations de l'humeur atteignent des seuils hors de proportion avec les événements vécus. Ces troubles se manifestent par l'alternance de deux pôles extrêmes de l'humeur, soit la phase dépressive et la phase maniaque caractérisée par une activité intense, une humeur exubérante et un grand état d'excitation et de fébrilité incontrôlable. La pensée de l'individu s'accélère et il parle très rapidement, sans arrêt, et en changeant constamment de sujet. Il surestime aussi ses capacités, augmente sa productivité et son rendement, et entreprend plusieurs projets à la fois. Il dépense sans compter et oublie même de dormir et de manger. Des excès de colère et des sautes d'humeur sont fréquents durant la phase maniaque de cette maladie.

Les symptômes

Les symptômes de trouble bipolaire sont rattachés à des phases qui déterminent pour chaque personne atteinte son propre « cycle ». Habituellement, une phase maniaque, une phase dépressive, et une phase « normale » ou euthymique composent ce cycle, mais quelques fois une phase mixte s'intercale dans le processus.

Quelques exemples marqués de la phase maniaque :

  • Humeur : expansive, euphorique, enthousiasme permanent...
  • Augmentation de l’estime de soi : confiance en soi-même, idées de grandeur.
  • Réduction du besoin de sommeil : réveil prématuré, hausse de l’énergie malgré la diminution du sommeil.
  • Expression verbale : pressante, difficile à interrompe, discours blagueur, fait des jeux de mots...
  • Hyperactivité orienté vers un but : projet excessifs, engagement dans de multiples activités, augmentation des désirs, des fantasmes, des comportements sexuels...
  • Autres caractéristiques : refus de traitement, changement fréquent d’habillement, du maquillage ou de l’apparence physique.

Quelques exemples marqués de la phase dépressive :

  • Humeur : triste, déprimé sans espoir et sans courage.
  • Perte d’intérêt ou de plaisir : diminution de l’intérêt ou une perte de plaisir pour les activités autrefois appréciées
  • Changement de l’appétit ou du poids : diminution ou augmentation du poids.
  • Changement du sommeil : insomnie.
  • Perte d’énergie : lassitude, fatigue continue sans effort physique.
  • Dévalorisation et culpabilité : évaluation négative du concept de soi, rumination des erreurs passés mineures.
  • Pensées de mort récurrentes : idées de mort, idées suicidaires, tentatives de suicide, démission devant les obstacles insurmontables.
  • Autres caractéristiques : tendance à pleurer, à broyer du noir, anxiété, phobies, préoccupations excessives de son état de santé, difficultés relationnelles d’ordre conjugale, professionnel et/ou sexuel, abus d’alcool ou autres substances. La phase « normale » ou euthymique est présente quand le fonctionnement d’une personne est relativement adéquat et qu’elle conserve une stabilité dans son humeur.

Les causes

Les chercheurs statuent qu'il est de plus en plus évident que le trouble bipolaire n'est pas acquis au cours d'expériences vécues, mais bien transmis génétiquement, ce qui explique l'incidence plus élevée de la maladie au sein d'une même famille. Alors que la maladie touche trois à quatre personnes sur 10 000 dans la population en général, l'incidence augmente à 15 % dans une même famille.

L'accumulation de stress reliée à des problèmes existentiels peut déclencher un épisode dépressif aussi bien que la manie. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur : la manie étant plus fréquente en été et à l'automne et la dépression pendant l'hiver.

Le traitement

Le traitement de base du trouble bipolaire est le lithium, un sel minéral qui a la propriété de stabiliser l'humeur rapidement. Ce médicament est efficace chez environ 80 % des personnes qui souffrent de cette maladie.

Le médecin peut également prescrire certains autres traitements pour augmenter les effets du lithium ou le remplacer, en cas d'intolérance. On pense, entre autres, au carbamazépine (Tégrétol), à l'acide valproïque (Épival, Depakene), au clonazepam (Rivotril), aux antipsychotiques (Haldol, Largactil), aux extraits thyroïdiens et à la photothérapie.

Des essais se poursuivent avec le tryptophane, un acide aminé, qui permettrait de diminuer la dose totale de lithium et de réduire les risques associés aux doses élevées.

Combinée au traitement biologique, la psychothérapie permet à la personne atteinte d'entreprendre une démarche sur le plan psychologique.

Pendant la crise, le psychothérapeute utilise une approche comportementale qui permettra de limiter les agissements inappropriés chez la personne atteinte :

  • En lui offrant du soutien et des renseignements ;
  • en organisant des rencontres avec sa famille ;
  • en l'impliquant dans le processus d'acceptation de sa maladie.

Après la période de crise, la personne atteinte du trouble bipolaire peut entreprendre les démarches suivantes :

  • Entreprendre une thérapie plus en profondeur ;
  • commencer une démarche thérapeutique qui implique les proches ;
  • participer, avec ou sans ses proches, à des groupes de soutien et d'entraide.

Autres données

  • 1,2 % des hommes et 1,8 % des femmes souffrent de trouble bipolaire.
  • 100 000 Québécois souffrent de trouble bipolaire et seulement 10 % d'entre eux ont reçu un diagnostic et suivent un traitement.
  • La maladie apparaît habituellement au début de la vingtaine, cependant, un premier épisode peut survenir à l'adolescence ou à un âge avancé (dans la vieillesse).
  • Certains chercheurs considèrent certains troubles tels que l'hyperactivité, l'anorexie, la boulimie, l'alcoolisme et les toxicomanies, et certaines phobies comme des manifestations précoces d'un trouble bipolaire.

Le Traversier

La dépression

Le saviez-vous?

  • Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes par la dépression.
  • La dépression se manifeste surtout vers le milieu ou la fin de la trentaine.
  • Les troubles dépressifs ont augmenté de 36% entre 1995 et 2000 au Canada.
  • Selon les estimations, 3 millions de Canadiens souffraient de dépression en 2000, mais moins d’un tiers des personnes atteintes demandent de l’aide.
  • La dépression sous toute ses formes serait le problème numéro un des entreprises aujourd’hui, responsable de pertes de 16 milliards de dollars par année.

Dépression ou déprime passagère?

Premièrement vous devez savoir que la déprime n’est qu’une simple réaction dépressive commune et normale qui se produit chez la plupart des gens suite à divers évènements de la vie comme le départ d’un être cher par exemple. La dépression, quant à elle, est une maladie qui nécessite un traitement approprié. La dépression est un état de profonde tristesse qui se manifeste dans le quotidien de la personne durant plusieurs semaines et qui nuit à son fonctionnement normal.

Comment la reconnaître?

Les caractéristiques principales de la dépression sont la « persistance » et « l’uniformité » des symptômes pour une période d’un minimum de deux semaines. En d’autres mots, vous devez ressentir un minimum de symptômes de la maladie durant la majeure partie de la journée, et ce à presque tous les jours. Aussi, la dépression peut affecter les différentes sphères de la vie des personnes qui en souffrent comme la vie professionnelle (travail), la vie sociale (amis) ainsi que la vie familiale.

Les symptômes de la dépression

Pour avoir un diagnostic de dépression, la personne doit posséder au minimum 5 des 9 symptômes ou critères suivants :

  • Humeur dépressive
  • Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir
  • Problème de poids (perte ou gain d’appétit et/ou de poids)
  • Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
  • Ralentissement psychomoteur (la personne est au ralenti physiquement)
  • De la fatigue, une perte d’énergie
  • Sentiment de non-valeur ou de culpabilité inapproprié
  • Diminution de la concentration, de l’indécision
  • Des idées de mort, des idées suicidaires

Les différents types de dépressions

  • Dépression majeure unipolaire (symptômes mentionnés plus haut)
  • Dépression majeure chez une personne atteinte d’une maladie bipolaire
  • Dépression psychotique (mêmes critères + symptômes psychotiques. Ex : délires, hallucinations)
  • Dépression mélancolique (dépression très sévère. La personne ne marche plus, ne mange plus, reste couchée. Cette dépression peut mener au suicide)
  • Dépression saisonnières (en lien direct avec le manque de luminosité)
  • Dépression anxieuse (majoritairement chez les personnes âgées, mêmes critères + anxiété)
  • Dépression mineure (mêmes critères mais la personne atteinte en possède 4 plutôt que 5. La dépression apparaît suite à un évènement perturbateur, ex : deuil.)

Les causes de la dépression

Il y a 4 principaux facteurs qui peuvent expliquer la présence de la dépression chez une personne :

  • Changements dans la chimie du cerveau (neurotransmetteurs déficitaires)
  • Génétique (vulnérabilité biologique, ex : parents proches qui ont souffert de la maladie)
  • Stress et traumatisme (ex : perte d’un être cher)
  • Pensées négatives (cercle vicieux : pensées négatives = changement d’humeur = symptômes dépressifs = pensées négatives...)

Les traitements

Pour l’instant, le traitement à prioriser est la combinaison : médication et psychothérapie.

  • Les médicaments utilisés pour traiter la dépression sont les antidépresseurs. Ces derniers aident à traiter les symptômes de la maladie et améliorent l’humeur. La médication est généralement prescrite pour une période minimale de 4 à 6 mois. Contrairement à la croyance populaire, les médicaments antidépresseurs ne créent pas de dépendance physique.
  • La psychothérapie permet de travailler sur les aspects psychologiques et sociaux qui peuvent avoir un lien avec la dépression.

Autres types de traitements qui peuvent être utilisés pour traiter la dépression :

  • Luminothérapie ou photothérapie
  • Électrochocs
  • Anxiolytiques
  • Modification dans les habitudes de vie de la personne

Gardez en tête que la dépression est une maladie qui ne doit pas être prise à la légère et qu’il est important de consulter un professionnel de la santé dès l’apparition des premiers symptômes car la dépression peut s’aggraver et peut même mener jusqu’au suicide.